Ce que gérer le site de mon église m'a appris que mes clients ne m'auraient jamais appris
Il y a trois ans, le pasteur de mon église m'a demandé de l'aide pour le site: horaires des cultes, adresse, un formulaire de contact. Rien de compliqué techniquement. J'ai dit oui en pensant y passer un week-end.
J'y suis encore, trois ans plus tard, et c'est devenu un des projets qui m'a le plus appris sur ce que "utile" veut vraiment dire.
Personne ne mesure ton code en story points
Pas de sprint, pas de vélocité, pas de manager qui demande où en est le ticket. Juste une dame de 70 ans qui m'a dit un dimanche qu'elle avait enfin réussi à trouver l'heure du culte sur son téléphone. Ce retour-là vaut plus que n'importe quel NPS que j'ai vu en entreprise.
Construire pour des gens qui ne te ressemblent pas
La majorité des visiteurs du site ont plus de 50 ans, naviguent sur un vieux smartphone Android, avec une connexion instable le dimanche matin. J'ai dû désapprendre des réflexes de dev habitué à des utilisateurs jeunes et équipés: gros boutons, pas d'animations qui ralentissent le chargement, texte lisible sans zoomer.
Le meilleur test utilisateur que j'ai jamais fait, c'est regarder ma mère essayer de trouver l'adresse de l'église sur son Samsung d'il y a six ans.
Pourquoi je continue
Je pourrais arrêter demain, personne ne me le reprocherait. Je continue parce que ce projet me rappelle pourquoi je fais ce métier avant même de penser au salaire: pour que quelqu'un, quelque part, trouve plus facilement ce dont il a besoin.